Mordelles (par OGEE - 1778)
Sur la rivière de Meu et sur la route de Rennes à Ploërmel ; à 2 lieues au Sud-Sud-Ouest de Rennes, son évêché, sa subdélégation et son ressort. Cette paroisse relève du roi, et compte 2600 communiants, y compris ceux de la chapelle Toyrault [Thouarault], sa succursale. La cure est à l'alternative. On remarque une poste aux chevaux dans le bourg de Mordelles. Ce territoire est assez exactement cultivé, et produit des grains de toute espèce, du beurre excellent et de très-bon cidre. — En 957, Lisoius de Craon était seigneur de Mordelles. Jean Lisoius, son fils et son successeur, vendit les métairies de la Forêt et d'Evigné à Odeline, qui les donna à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, nouvellement fondée, laquelle abbaye en jouit encore aujourd'hui. En 1200, Etiennette de Tinténiac, abbesse de Saint-Georges de Rennes, transigea avec quelques particuliers de Mordelles, qui lui disputaient les oblations de la paroisse.
La terre et seigneurie de la Grignonaye appartenait, en 1410, à Jean de la Bintinaye, et, en 1430, à Ollivier Hervier ; elle passa ensuite à MM. de Plouys [Plouais] de la Grignonaye. Au mois de juin 1588, le roi permit, par lettres-patentes, à Vincent de la Bintinaye, sieur de la Grignonaye, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, de fermer sa maison et hôtel seigneurial de la Grignonaye de murailles, tours, fossés et pont-levis, et d'y avoir toutes sortes d'armes pour sa défense. Dans les lettres du même monarque, Vincent de la Bintinaye est qualifié du titre de haut et puissant seigneur. Cette seigneurie appartient encore à la même famille.
Le château d'Artois appartenait, en 1400, à Yvon de la Porte, seigneur d'Artois. Jean, son petit-fils, épousa N. le Veneur [Le Meneust] de Bréquigny, de laquelle il eut plusieurs enfants. Jacqueline, dame d'Artois, épousa le comte de Châteaurenaud, chevalier des ordres du roi, vice-amiral et maréchal de France. La terre et seigneurie d'Artois, avec haute, moyenne et basse-justice, fut érigée en vicomté, l'an 1711, en faveur du maréchal de Châteaurenaud ; elle appartient aujourd'hui à la comtesse d'Estaing. Les jurisdictions suivantes s'exercent dans ce château : la Ville-Dubois, haute, moyenne et basse-justice, à M. Dubois de Farcy [De Farcy de la Ville-Dubois] ; Cherville, moyenne et basse-justice, à M. de Cherville ; la Haye-Choix, basse-justice, à M. de Tremeleuc ; la Haye de Mordelles, basse-justice, à M. de Trolong ; Rouxelais, moyenne et basse-justice, à M. de Cicé.
Le château de Beaumont appartenait, en 1420, à la maison de Dinan, d'où il passa dans celle de Laval. Jeanne de Laval, fille unique et héritière de l'illustre maison de ce nom, épousa Jean, seigneur de Montfort et de Kgorlay, qui prit le nom de Gui de Laval. Ces deux époux eurent un fils, qui épousa une des nièces du duc-Jean V, et obtint du duc des lettres, datées du 28 novembre 1433, qui lui attribuaient le droit de menées à la Cour de Rennes, pour la seigneurie de Beaumont. Cette terre a été dans la possession de la maison de Rohan ; elle est aujourd'hui à N... [M. Guibert de Beaumont, en 1780.]
En 1420, Malgouven, Mesler et la Ripujère [la Rivière], à Guillaume le Vayer ; la Chenaye, à Perrine le Vayer ; Rouschaulx, le Pont et Mahellé, à Pierre du Plessis ; la Ville-Dubois et la Rochelle, à Jean Chouan, aujourd'hui à M. de Farcy ; Machefer, la Garellière et le Vert-Bouil, à Michel Machefer ; la Guichardaye, à Jean du Bobouil ; les Noés, à Jean Hateloup ; la Boulay, à Pierre d'Odier ; la Haye et la Communaie, à Raoul de la Haye ; la Huberdaye et la Rousselais, à Pierre Josse ; la Mutolaye, à Pierre Chauvin ; la Guichardaye-des-Noés, à Raoul de Beaumont ; la Brouardaie, la Byardaie et la Haye-Choix, à Jean Hateloup ; Bourg-Bouexel, à Ollivier de Bourg-Bouexel ; le Hazoy, à Pierre de Cacé ; la Ville-Chevron, à Olivier de Braye ; la Rehannaye, à Jean Uguet ; la Ruennelaye, à Jean Châtel ; la Rousselais, à N....
L'an 1497, Tremereuc et Saint-Laurent, son frère, capitaines du duc de Mercœur, arrivèrent, à la tête de deux mille hommes de troupes espagnoles et autres, au bourg de Mordelles, où ils signalèrent leur cruauté par le viol, le carnage et le pillage le plus affreux.
MORDELLES (par A. MARTEVILLE - 1845)
(sous l'invocation de saint Pierre ; 1er août, fête de saint Pierre-ès-Liens) ; commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui cure de 2e classe ; chef-lieu de perception ; brigade de gendarmerie à cheval ; relai de poste. — Limites : au Nord Cintré, la Chapelle-Thouarault, l'Hermitage, le Rheu; à l'Est Moigné, Chavagne ; au Sud Bréal, Talensac ; à l'Ouest Talensac, Cintré. — Principaux villages : Haut-Plessix, la Hernacherie, la Noé-Diolé, Lessard, la Corbelais, le Mée, le Bignon, la Haute et Basse-Commerais, le Gretay, Petit-Vil-Chevron, la bunelais, Nouillé, la Richeudais, la Triolais, Ville - Noublé, l'Abbaye. — Châteaux d'Artois, de la Ville-Dubois, de la Grillonais, de Beaumont, de la Haichois; la Rousselais. — Superficie totale 2984 hectares 36 ares, dont les principales divisions sont : terres labourables 2288 ; prés et pâtures 351 ; bois 44 ; vergers et jardins 69 ; landes et incultes 61 ; superficie des propriétés bâties 29 ; contenances non imposables 138. Constructions diverses 579 ; moulins 5 (du Bois-Girouet, du Pont, de Chouan, d'Artois, de Mordelles).
Mordelles, situé dans un bas-fond, sur la rivière le Meu, qui sert à la commune de limite sud, est assis sur la route de Rennes à Lorient. — Dans un titre de 1031 (Dom Lobineau, tome II, p. 108), on trouve Mordelles nommé Mauricella, parochia de Mauricelloe (titres de Saint-Georges), nom qui s'explique par « la cellule ou l'ermitage de Maure » ; et il n'est pas très-hasardeux d'avancer que ce lieu a pu être jadis célèbre par la présence d'un des soldats Maures dont la légion séjourna en Armorique, et qui serait devenu ermite en se convertissant à la foi chrétienne. Mordelles est aussi nommé Morzell, Morsel, et Morselle ; noms dans lesquels mor ou maur peut entrer en composition et signifier grand ; alors Morselle pourrait signifier grande habitation (en gaulois , cell veut dire lieu habité) , ou grand ermitage, par union d'un mot breton à un mot latin. Ces diverses étymologies ne sont d'ailleurs que des suppositions, car rien ne donne plus de poids à l'une qu'à l'autre. — Quoi qu'il en soit, Mordelles, qui avait donné son nom à celle des portes de Rennes qui y conduisait, est une très-ancienne paroisse : elle existait au Xe siècle, et dépendait alors des moines de Saint-Melaine, qui y possédaient, en outre, les prieurés de Saint Gobrien et de Montua ; ce qui prouverait qu'ils avaient été les curés primitifs. En avril 1238, ces religieux échangèrent leur prieuré de Saint-Gobrien contre le bénéfice qu'avait dans la paroisse de Melesse un des chanoines du chapitre de Rennes. Aussi, depuis lors la cure fut-elle à la nomination d'un des chanoines de cette cathédrale jusqu'en 1600, époque à laquelle les évêques obtinrent que la plupart des cures fussent mises a l'alternative.
— Lisoius de Craon, dont parle Ogée, eut pour successeurs Subhard l'ancien et Subhard le jeune. Ce dernier fut dépossédé en 1032 par Alain III, duc de Bretagne. Alain donna sa seigneurie de Mordelles à Alfred ou Auffroy, fils d'Aanan, qui fit la tige d'une suite de seigneurs qui prirent le nom de Morzelles ou Mordelles. Heslory, en faisant sa fille religieuse à Saint-Georges de Rennes, donna à la cure la moitié de la dîme de la paroisse, à l'exception des trois fermes qui avaient été données a Saint-Georges. Cette donation fut confirmée par Mainfinit, Urscand et Evigne, ses fils, et par trois de leurs borons, Rivallon, Guihenoc et Fromond. L'acte est de 1168.
Pierre de Mordelles était écuyer, sénéchal de Penthièvre et de Dinan de 1270 à 1304. Ses armes étaient d'argent à un lion rampant de sable. Olivier de Morzelles fut conseiller de Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois. Il fut plusieurs fois député en Angleterre, pour la délivrance de ce prince. Geoffroi de Mordelles fut un des signataires du traité de Guérande entre Jean V et le roi de France, en 1380. Guillaume de Mordelles, sieur de la Bredaye, du Margat, en l'Hermitage, parut à la cour des ducs depuis 1400 jusqu'à 1418. Olivier, son fils, fit aveu pour la Bredaye en 1449, époque de la mort de son père. Il servit sous les ordres de Tangui du Châtel, avec ses frères ou parents, Alain et Jehan de Morzelles, sieur du Portal, en l'Ermitage, qui était écuyer dans la compagnie de la Feuillée, en 1424, avec ses amis et voisins, Guillaume Freslon, Jehan Botherel d'Apigné, Michel Mâchefer de la Mâcheferrais, Jehan Levoyer et Bertrand Hatelou, tous trois de Mordelles, René Raguenel de Beaumont, Amauri de la Motte, Gilles Lotodé de Cherville, en Moigné, Jehan de Saint-Gilles. Pierre de Mordelles était écuyer dans les gardes de François II. Bertrand de Mordelles, son fils, parut à l'arrière-ban de l'évêché de Rennes, en 1503. Il paraît être le dernier rejeton de celte illustre famille. Longtemps auparavant cette famille n'avait plus la jurisdiction de Mordelles.
Le premier seigneur de Beaumont est Pierre de Beaumont, témoin dans une charte de 1208. Vers la fin du même siècle, cette terre passa par mariage dans la maison de Malestroit. Vers 1350, elle passa dans la maison des Raguenel de la Bellière, qui prirent, en 1353, le nom de Raguenel de Malestroit, par suite du mariage de Jeanne de Malestroit avec Jean Raguenel II. C'est ce dernier qui, ayant obtenu du duc Jean V des lettres-patentes érigeant Beaumont en haute-justice (1433), fit élever les mottes dont deux existent encore. Cette terre, après avoir passé en plusieurs mains, appartient aujourd'hui à M. de Farcy. Artois est regardé comme ayant appartenu aux premiers seigneurs de Mordelles. Ce château, bâti sur les bords du Meu, est de belle apparence, et environné d'un charmant pays. Il appartient aujourd'hui à Mme de la Villethéart. — La Sauldrais, joli manoir, voisin d'Artois, appartenait, en 1350, à Perrot du Tronchay, dont le petit-fils épousa (1465) Perrinne Freslon de la Freslonnière. Ce manoir avait passé dans la maison de Krgrist, qui l'a vendu à M. de la Villethéart, commandeur de Malte, propriétaire actuel. — La Ville-Dubois appartenait, vers 1200, à une famille Choan ou Chohan, du pays de Dol, qui avait dans ses armes une chouette de sable. Cette terre avait été acquise, vers 1760, par M. Huchet de la Bédoyère ; il l'a revendue à la famille de Farcy, qui la possède encore.
« Salomon Kbonnez, nous écrit M. l'abbé Oresve, dont nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici toutes les savantes notes sur les familles qui ont habité les manoirs ci-dessus, était recteur de Mordelles et chanoine de l'église cathédrale de Rennes. Il fut le premier qui donna le signal de la Ligue en Bretagne. Le lundi 13 mars 1589, à la foire de Rennes, il y eut une émotion environ les onze heures du matin, pour empêcher les huguenots d'être admis dans la ville, dit Pichart. Le duc de Mercœur était le chef, et Kbonnez n'agissait que d'après ses ordres. Son zèle n'empêcha pas sa paroisse d'être dévastée et maltraitée par les ligueurs eux-mêmes. Ils y tinrent longtemps garnison, tandis qu'il y avait un poste de huguenots au Molant et à Méjusseamne. Le bourg fut pris et repris plusieurs fois, tantôt par les Anglais au service du roi, en 1592, et tantôt par les Espagnols, en 1593. Ceux-ci, qui, pour défendre la religion catholique, n'en étaient pas meilleurs chrétiens, y commirent des dégâts et des crimes effroyables.
Ce fut au mois de janvier 1597 qu'il y eut plus de désordres dans les environs de Rennes, parce que les soldats se répandirent par bandes dans les campagnes, sans chefs, sans discipline, tuant, pillant selon leurs caprices, et cela au mépris de la trêve. Ils tombèrent un jour sur le bourg de Pacé. Les habitants, comptant sur la trêve, avaient cessé de se tenir sur leurs gardes, et avaient défait les barricades qu'ils avaient élevées autour du bourg, de manière que les ligueurs y entrèrent sans peine, et y firent beau ménage tout à leur aise, dit un auteur du temps. Conduits par Tremereuc, frère du sieur du Bordage, ils s'y cantonnèrent. Les gens de Pacé, surpris et effrayés, ne purent se réunir pour les déloger, ils étaient cependant assez ardents dans le parti des huguenots, dans lequel ils avaient entraîné le sieur de Montbourcher. Ils étaient formés en compagnies ; car, dans ces tristes temps, tout le monde était armé pour un parti ou pour l'autre, et chaque paroisse était organisée en compagnie pour se défendre. Les compagnies de Saint-Grégoire et de Saint-Laurent vinrent attaquer les ligueurs dans le bourg de Pacé, et, secondés par les gens du lieu, parvinrent à les débusquer. Ils se rejetèrent sur le Rheu et sur Mordelles, qu'ils ravagèrent. »
Les dîmes et revenus ecclésiastiques, en Mordelles, se partageaient comme il suit : le Chapitre avait le trait de Mouillé, valant 1000 livres ; ceux du bourg et de Quercé, 920 ; partie de Cranou, 850 ; en tout 2720 livres. Les dames de Saint-Georges avaient partie de Cranou, 600 livres ; idem de Quessé, 530; id. du Bourg, 588 ; le trait de Classé, 1000 ; partie de Mouillé, 833 ; les dîmes vertes de la Violaye et de Beaumont, 1200 ; en tout 4801 livres. Le curé avait partie de la Violaye et les novales dans tous les autres traits ; en tout à peu près 2400 livres. La chapellenie d'Artois était de 214 livres ; celle de Saint-André de Beaumont, de 250 (dîmes en Chavagne et bréal) ; celle de la Rousselais, 72 ; enfin celle de Saint-Gobrien, 232. — Il y a foire à Mordelles le 2 août et le 6 novembre. — Géologie ; terrain tertiaire moyen ; a 500 mètres au sud-ouest du bourg, schiste ardoisin. — On parle le français.
MORDELLES ( -2008)
Infos pratiques
Maire : Bernard Poirier, 57 ans, ingénieur agronome
Nombre d’habitants : 6745 Mordellais
Adresse mairie : 29, avenue du Maréchal Leclerc, 35310 Mordelles
Mail : mairie@ville-mordelles.fr
Tel : 02 99 85 13 85
Archives
Etat-civil et registres paroissiaux :
Série communale : Baptêmes dès 1615 - Mariages dès 1660 - Sépultures dès 1593, puis regroupés en BMS depuis 1669.
Série du Greffe puis des Archives Dptales : BMS 1669 puis à partir de 1718.
Noms de familles
Noms de familles les plus courants en France :
MARTIN - BERNARD - DUBOIS - THOMAS - ROBERT - RICHARD - PETIT - DURAND - LEROY - MOREAU.
Noms de familles les plus courants en Bretagne :
LE GALL - LE GOFF - LE ROUX - THOMAS - MARTIN - TANGUY - SIMON - MORVAN - GUILLOUX - HAMON.
Noms de familles les plus courants à Mordelles :
Mariages de 1710 à 1792
BERHAULT - DELISLE - DAVY - GOURHEU - HUBERT - MACE - ROCHER
De nos jours :
BAUDAIS - BERTHELOT - THOMAS
Pour en savoir plus :
Centre généalogique : Association Bretonne de Généalogie et d'Histoire.
http://www.bretagne-genealogie.org
Bases de données consultables sur :
http://www.geneabretagne.org
Association Parchemin.
genealogie-bretagne.com
Cercle Généalogique et d'Histoire de Haute Bretagne. Reproduction des textes et des images, sur tout support et dans tout pays, soumise à l'autorisation écrite de l'ABGH.
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